Les oiseaux marins de l'archipel    

         
Le cormoran
 

Oiseau marin de la famille des palmidés, ressemblant un peu à un canard, le cormoran (Ar Mofran en Breton) possède un plumage noir brillant, un long cou , un œil vif et un bec pointu doté d'une force redoutable. Il possède de longues ailes qu'il peut battre très rapidement et associées à de petites pattes palmées mais puissantes, cela fait de lui un champion de vitesse sur l'eau et dans l'eau !

 

(photo : Mireille)

   
Généralités
 


Photo : beniguet.com

Ravageur?
Le cormoran n'a pas très bonne réputation auprès des pêcheurs! On le dit vorace, faisant des ravages parmi les bancs de poisson, toujours en train de manger... FAUX! D'accord, il adore chasser et manger "nos" poissons, mais il faut savoir qu'il ne peut manger qu'une petite quantité de poissons et est très vite rassasié! Oiseau noble, à l'inverse de ses cousins les goélands, il ne viendra jamais vous quémander sa nourriture, mettant toujours un point d'honneur à la chercher lui-même.

Un excellent chasseur
Le cormoran
ne se nourrit que de poisson frais. Il pratique une technique de chasse très particulière. Il se pose sur l'eau, voguant au grès des vagues en avançant à l'aide de ses palmes. Sa vision performante associée à des petits mouvements de tête l'aide à la fois à repérer sa nourriture et à surveiller le danger environnant. Une fois le passage de poissons repéré sous lui, il plonge son long cou  sous l'eau brièvement, plusieurs fois, pour mettre au point sa stratégie d'attaque, et plonge. Il se lance alors sous l'eau dans une course folle avec un ou plusieurs poissons qui peut parfois durer plusieurs minutes. Quand il refait surface à un autre endroit, c'est avec un poisson en travers du bec qu'il va alors lancer en l'air pour que celui-ci retombe directement, la tête en bas, dans son gosier grand ouvert.

Chasse gardée
Le haut des roches est blanchi par les fientes des palmidés, et ces derniers sont si nombreux, qu'ils ne laissent aucune
chance aux autres espèces d'oiseaux de pouvoir s'y poser...

(photo : Jean Maout)

un peu d'exotisme
 


(photo Maki Hirozo)

L’antique méthode japonaise d’attraper les poissons d’eau douce avec les cormorans est connue dans le monde entier. Un lieu pour assister à cette pêche est un tronçon du cours de la Nagara dans la partie nord de la ville de Gifu. Gifu est à quelque 30 km au nord de Nagoya, avec d’excellentes communications par rail et par route entre ces deux villes.
Le japonais u-kai a deux significations : l’élevage du cormoran apprivoisé et la pêche au cormoran en eaux douces. Ces oiseaux se trouvent dans la plupart des régions de la planète, à l’exception du Pacifique central. C’est sur l’observation de cormorans coureurs (incapables de voler) des Îles Galapagos que Darwin avait élaboré sa théorie de l’évolution. Les cormorans sont très utiles en raison de leurs déjections à haute teneur en phosphate, excellent engrais, et en outre, le Japon et la Chine les utilisent pour la pêche.
Le Japon possède une ligne côtière très longue, et il fut un temps où les forêts recouvraient les terres, offrant l’habitat idéal pour les cormorans de rivière et de mer. Ces derniers migraient dans toutes les régions du Japon, à l’exception du nord du Honshu et du Hokkaido, traversant les mers aux lames furieuses pour installer leurs quartiers d’hiver en attendant le retour du printemps. Les cormorans de rivière, par contre, habitaient de nombreuses régions du Japon mais avaient plutôt tendance à la sédentarisation. L’on trouve au Japon beaucoup de noms de famille et de lieux s’écrivant avec l’idéogramme du “cormoran,” ce qui atteste combien Japonais et cormorans partagent une histoire déjà longue.

Ainsi, retrouve-t-on aussi haut que le VIe siècle des représentations d’une pêche au cormoran, tandis qu’un document chinois du VIIe siècle signale cette pratique. Et depuis ce temps l’on a dénombré plus de cent-cinquante sites du Japon où se trouvait pratiquée la pêche au cormoran. Personnellement, je suis enclin à penser que bien avant les VIe~VIIe siècles, cette méthode de pêche avait abordé le Japon depuis la Chine, en même temps que d’autres techniques, la riziculture par exemple, qui s’étaient répandues dans l’archipel.

Toutefois, aujourd’hui, la pêche au cormoran n’est plus pratiquée que sur une douzaine de sites seulement du Japon, et encore, sa principale motivation n’est plus la capture du poisson, mais bien l’attraction touristique. Ceci dit, le site rêvé pour observer une pêche au cormoran reste la Nagara à Gifu, où elle se pratique annuellement pendant 158 jours, du 11 mai au 15 octobre. Les oiseaux utilisés sur la Nagara sont en fait des cormorans de mer, tenus pour plus malins à attraper le poisson que leurs cousins d’eau douce. Ils sont capturés avant l’âge de 2 ans sur la côte de la Préfecture d’Ibaragi, puis transportés en Gifu et dressés pour la pêche qu’ils feront pendant le reste de leur vie.

Le cormoran plonge sous l’eau, attrape un poisson dans son bec, refait surface, et ensuite d’un coup de tête retourne le poisson afin de l’engloutir d’une pièce par la tête. Son long bec crochu bâillant jusqu’à 70~80 degrés peut gober des poissons allant jusqu’à 35 cm. Reste à éviter que le poisson ne disparaisse dans l’estomac vorace, un petit collier de chanvre passé à la base de son cou, le kubiyui, y veillera. Lorsque le maître-cormoran voit qu’un de ses pensionnaires a le cou gonflé, il le saisit et lui fait dégorger son poisson d’une  ferme pression sur la gorge. Eu égard à toute cette peine déployée en vain, le mot u-kai (pêche au cormoran) désigne également l’exploitation des ouvriers par le patron ! En fait, le maître-cormoran est assez magnanime pour ne pas serrer trop le collier en sorte que le menu fretin puisse passer dans l’estomac de son pensionnaire. Le calcul est le suivant : un collier plus serré maintiendrait le pauvre cormoran dans un état d’affamement qui lui ferait accélérer son rythme de travail, mais au risque de l’épuiser trop rapidement durant ses “heures de prestation”, et donc de lui écourter l’existence. Le cormoran ne vivra que cinq ans s’il doit “trimer” toute l’année, mais dans des endroits aussi célèbres que la Nagara, on leur accorde de longs congés et on les soigne bien afin de les tenir en vie de quinze à vingt ans.

À la nuit tombée, l’embarcation quitte la rive, équipée d’un feu de torchère, à la fois pour attirer le poisson et pour éclairer le théâtre des opérations. Le chef de l’équipe de pêche, le u-sho, retient ses oiseaux dans le cercle de lumière de la torchère à l’aide d’un faisceau de minces laisses de plus de trois mètres de long, les te-nawa, en brins de fibres de cèdre blanc torsadées dans le sens horaire. Un morceau de fanon de baleine est fixé à l’extrémité pour éviter aux volatiles de s’emmêler. (En Chine, l’on utilise le serre-col, le collier pour serrer le cou, mais non la laisse ; les oiseaux peuvent aller et venir librement pour chercher le poisson). La te-nawa est torsadée de manière extrêmement ingénieuse en sorte que si le cormoran restait accroché sous l’eau, son u-sho pourra défaire les brins en la tournant dans le sens antihoraire, ce qui la désagrège et libère immédiatement le cormoran. Car l’oiseau se noierait irrémédiablement s’il restait plus de trois minutes sous l’eau. Sur la Nagara, le u-sho tient ainsi dans sa main gauche douze te-nawa, une pour chaque oiseau. Et il faut admirer la magie de son coup de main droite pour éviter que ne s’embrouillent les laisses.

Expérience, intuition, et confiance dans ses cormorans. Le u-sho doit posséder ces trois qualités, car c’est ce qui lui permet de jongler si expertement avec son faisceau de laisses, et qui fait que la pêche au cormoran est si fascinante à observer. Autre ravissement pour les yeux : alors qu’aujourd’hui tout le monde utilise des équipements de pêche ultramodernes, des cordes et filins de fibres synthétiques, le u-sho s’en tient à des cordes en fibres de cèdre blanc et autres outils traditionnels. Le Japon est célèbre pour ses artisanats anciens, et vous pourrez en observer certains en pleine action au cours de la saison de la pêche au cormoran.
(Texte : Kani Hiroaki)

 

Je vous recommande de visiter le zoo de Pont-Scorff (56) et de vous rendre au spectacle des oiseaux marins. Vous verrez ainsi (à travers une grande vitre)  des cormorans en pleine chasse et on vous contera l'histoire de ces pêcheurs Japonais... (conseil : placez-vous vers le bas des gradins au milieu pour être au plus près du spectacle subaquatique de ces oiseaux champions!)

Le goéland
 
Le saviez-vous?
installés entre 1930 et 1954, alors qu’ils étaient presque inconnus jusqu’alors, ils constituent de loin le groupe le plus important sur les îles de l'archipel, on en distingue 3 catégories :
 
Le goéland brun
   
Le goéland argenté avec 4600 couples, arrive en 2ème position française dont la moitié niche sur Béniguet.

   
Le goéland marin avec 4600 couples, arrive en 2ème position française dont la moitié niche sur Béniguet.

C'est le plus grand : 1m80 d’envergure pour un poids allant de 1 kg 200 à 2 kg 500. Sa croissance est très rapide, 165 couples en 1978, 306 en 1987...


Le Goéland a besoin d'un espace important pour se reproduire. Mais ce développement important à une action néfaste sur la reproduction des autres oiseaux, tels les sternes qui étaient en abondance voici quelques années ; en 1955 on en dénombrait 900 couples (comprenant : les pierresgrains, sternes aquatiques, de dougall, naines et caugecks), principalement installés sur Litini et Bannec. Depuis 1967, les goéland ayant envahi ces 2 îles les sternes se sont repliées sur Quéménés, d’ou elles ont été chassées en 1969. Sporadiquement, cette catégorie niche sur certains coins de l’archipel sans pouvoir s’y fixer définitivement.

 

(photo ci-contre : Jean Maout)

   

Pour admirer cet oiseau dans tous ses mouvements, rendez-vous sur le blog de Daniel


Les autres espèces d'oiseaux de l'archipel
 

Avant-propos
Cette liste n'est qu'une toute petite partie des oiseaux recensés (ou ayant été recensés) dans l'archipel de Molène. Il y en a beaucoup d'autres mais il faudrait tous les classer par groupe : résidant, nidificateur, de passage, exceptionnel... Cette liste (provisoire) sera bientôt plus complète et surtout plus détaillée. Pour ce faire, rendez-vous a été pris avec Jean-Yves Le Gall, gardien de la Réserve Naturelle de Molène et incollable sur le sujet... donc... à suivre !


 

LE PETREL (Tempête) : un peu plus qu’une hirondelle, c’est notre plus petit oiseau de mer. Avec 30 cm d’envergure pour un poids de 25 à 30 grammes, il ne craint pas la tempête, d’ou son appellation en breton –Satanig – (petit satan). Son espérance de vie est de 25 à 30 ans. C’est une spécialité de l’archipel, bien que difficile à recenser car nichant généralement sous terre, Bannec héberge la plus forte concentration de l’espèce en France. En 1970, il y avait 270 couples sur cette île mais près de 1000 individus de cette espèce fréquentent l’archipel. Cet oiseau vit en mer sauf pendant la période de reproduction, de mai à octobre. 


(Photo :Olivier Sincennes)

 

LA STERNE : (Skréo en Breton) Oiseau marin de la famille des Laridés. Bien connue des Molènais, car c'est elle l'emblème de l'Amicale Molènaise ! Elle est très présente sur les plages de l'île et dans le reste de l'archipel

LA STERNE CAUGEK :  C'est une espèce parmi l'innombrable famille des sternes. On lui donne aussi le nom de plovre criard, privaret (ou puveret), tavernot.(Source : Wikipédia)


(Photo :Andrew Easton)

LE FOU DE BASSAN : Ce bel oiseau au plumage d'un blanc éclatant a la tête et le cou jaune pâle pendant la période de reproduction. Ses yeux sont bleu clair cerclés de gris, et son bec bleu-gris est souligné de fines lignes noires, comme tracées au crayon, se prolongeant en un masque noir autour des yeux. Le bout de ses ailes et ses courtes pattes palmées sont noirs. Les adultes mesurent entre 87 et 100 cm de longueur et leurs ailes ont une envergure de 165 à 180 cm. Les mâles et les femelles se ressemblent. Les juvéniles sont brun foncé la première année, puis deviennent graduellement de plus en plus clairs, jusqu'à devenir complètement blancs au bout de cinq ans. (source : Wikipédia)


(Photo :Michael Haferkamp)

 

LE PUFFIN des Anglais :


(photo: Vlad259)

Le Puffin des Anglais, Puffinus puffinus,  Assez petit, avec 80 cm d'envergure, c'est un remarquable voilier, alternant battements d'ailes et vol plané au ras des vagues.
Le Puffin des Anglais est, avec le Macareux moine, le seul oiseau de mer de nos côtes à creuser un terrier, à l'aide de ses pattes et de son bec. Mais il peut aussi localement réutiliser les terriers de lapin. Les premiers retours à terre ont lieu en février - mars. Les pontes débutent vers la mi-avril. L'œuf unique est couvé pendant sept semaines environ et le jeune quitte son terrier à l'âge de dix semaines.
Les mœurs nocturnes des puffins, leur reproduction souterraine, l'impossibilité d'observer directement le contenu des nids, mais également la présence simultanée sur certaines colonies de puffins et de macareux dans les mêmes zones et donc la difficulté de l'identification spécifique des terriers, ne facilitent pas les dénombrements. La méthode la plus appropriée est celle dite de la « repasse », qui consiste à diffuser un enregistrement du chant de l'espèce au magnétophone à l'entrée des terriers favorables et à écouter l'éventuelle réponse des occupants.
Grand voyageur, le puffin des Anglais quitte l'Atlantique nord en automne pour entamer un long périple qui l'amène sur les côtes d'Amérique du sud, et notamment du Brésil, principal quartier d'hivernage de l'espèce. Celle-ci reste cependant présente en hiver, mais en faible nombre, dans les eaux européennes. En période de reproduction, le puffin des Anglais est moins pélagique que l'Océanite tempête, et s'alimente sur des fonds inférieurs à 200 m. Hareng, sardine, sprat et anchois constituent la base de son régime alimentaire.
(Bernard Cadiou - Bretagne Environnement)

 

Le PINGOUIN TORDA : a presque complètement disparu, mais la pollution pétrolière en est la principale raison, cet oiseau étant particulièrement vulnérable. Dans un couple, quand par exemple un des deux est englué dans le mazout, l'autre n'arrêtera pas de voler au-dessus de lui pour tenter de le dégager, mais logiquement mourra à son tour d'épuisement...


(photo : Gsd97jks)

LE MACAREUX : La particularité la plus flagrante de cet oiseau est son gros bec : comprimé latéralement en forme de triangle et très coloré en période nuptiale (pointe rouge, base bleu foncé, entourée de bandes jaunes).Mais après la période de reproduction, les plaques colorées tombent et le bec devient plus petit et plus terne et plus sombre. L'oiseau peut alors être confondu avec le Mergule nain .
Il présente une silhouette caractéristique : assez grande tête, courte queue, corps assez rond. Les pattes palmées, relativement courtes, sont rouges en été puis virent au jaune en hiver. D'une trentaine de centimètres de long, son envergure peut atteindre les 60 centimètres pour un poids de 500 grammes et un âge maximal de 22 ans. Le plumage est noir sur le dos, le cou, la nuque et les ailes, mais blanc sur le ventre, les joues et le dessus de l'œil. Celui-ci, cerclé de rouge se prolonge vers l'arrière par un fin sourcil noir
.(source : Wikipédia)


(photo : Johann Dréo)

 

LE PLUVIER GRAND GRAVELOT : continu à venir pondre sur l’archipel mais son effectif diminue probablement par l’invasion des goélands.


(photo : WIKIMEDIA)

L’HUÎTRIER – PIE : est bien implanté et représente 20 % de l’effectif français.

LA TADORNE DE BELON : Oiseau (canard) appartenant à la famille anatidés
Il mesure entre 58 et 67 cm.
Le mâle a la tête noir-verdâtre, un bec rouge avec une caroncule rouge, une bande pectorale rousse, des ailes noires et le reste du corps blanc. La femelle est plus terne et n'a pas de caroncule sur le bec, souvent plus marqué de noir. Les poussins sont couverts d'un duvet brun sombre et blanc. Les jeunes se distinguent des adultes par les couvertures ailaires fortement marquées de brun noir et l'absence de bande pectorale.(source : Wikipédia)


(photo : Arpingstone)

 

LE PIPIT  maritime et le TRAQUET nichent et prolifèrent régulièrement.
C'est un oiseau essentiellement côtier, rarissime à l'intérieur des terres. On peut le voir, d'assez près, sur les rochers.
Niche sur les côtes dans les rochers ou les herbes.
Très beau plumage, dessus gris strié de clair,dessous crême moucheté et strié, pattes sombres.
Marche de façon aisée en agitant la queue.
Suivant la diversité du terrain on trouve encore les hirondelles, martinets, moineaux, quelques oiseaux granivores : linottes, bruants, verdiers et quelques fauvettes.
(source : WIKIPEDIA)


(photo : WIKIMEDIA)

 

(Sauf indications,informations : S.E.P.N.B.)

 

 

 

 

 

 

Plan du site Molene.fr