Béniguet    

         

BENIGUET
(
l'île bénie)

Propriétaire : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage Accès  : Interdit toute l'année
 
  Situation

Béniguet orientée S.O.N.E, est située à 5 km au large du Conquet. De forme à peu près ovale, bien que rétrécie à l’Ouest, elle mesure 2 km 300 sur 500m, pour une superficie de 80 hectares. Elle culmine au maximum à 4m de hauteur. Du sud, on découvre la chaussée des pierres noires et son phare.

Les côtes sont sablonneuses et garnies de galets. La terre permettait la culture de seigle et de maïs. Un fermier essaya de faire du blé, il y réussit mais en amendant cette terre avec énormément de goémon. Par contre, la côte Ouest était trop sablonneuse pour y faire pousser quoi que ce soit.

On sait que Béniguet fut habitée à l’époque préhistorique. Lors des fouilles on a recensé de nombreux menhirs et dolmens. Il aurait également été découvert, des fragments de poteries romaines et trois chambres funéraires contenant des ossements humains. (2 menhirs de nos jours sont encore debout)

 
Situation de Béniguet dans l'archipel de Molène (©S.Cuillandre) île de Béniguet (image:©Julien Ogor - http://www.julienogor.com)
 
Un peu d'histoire

Au moyen âge, l’île appartient aux Comtes de Léon qui dilapident leur fortune. 

         En 1169, ils vendent Béniguet aux moines de Saint-Mathieu qui y installent un prieuré. Un champ s’appelle encore Parc Ar Vanac’h (champ des moines). 

         A la fin du 16ème siècle, Louis XIV ayant demandé à toutes les abbayes de faire un don « gratuit et volontaire » les a autorisé pour cela à vendre des terres. 

         En 1569, l’île fut donc vendue 96 livres à Jean Kerlec’h Sieur du Plessis (manoir du Plessis en Ploumoguer), elle rapportait 5 livres par an. 

         En 1680, l’île appartient toujours à la famille Kerlec’h. Plus tard, ce même roi autorisa les abbayes à racheter les terres qu’elles avaient vendu.

        En 1736, les religieux veulent recouvrer Béniguet et font un procès au Sieur René de Kermoisan, baron de tresiguidy héritier des Kerlec’h. Des procès s’engagèrent qui durèrent pratiquement jusqu'à la révolution. D’autre part, des procès avaient lieu sans arrêt entre les propriétaires de l’île et les chasseurs venus de Continent. Béniguet devenu bien national fut acheté par Jean Francis Gorric négociant au Conquet.

De nombreux fermiers se succédèrent. Deux familles y vécurent en permanence. Plus récemment Messieurs Simier et Pors l’occupèrent de 1938 à 1944, puis d’autres : Messieurs Barbaro, Bertin etc…

Monsieur Simier dans ses mémoires à relaté la vie qu’a mené sur cette île avec une vingtaine de domestiques aux surnoms fantaisistes : Casquette, Bleiz, Galoche, Bonheur, Gentil, La Pige, Canard, Moustache, La Classe, Chimic, Cocagne. Parmi ceux-ci, il en avait choisi un pour être le chef : Jeste ar Manan, c’était le plus crapuleux, mis à la porte de la marine, de la coloniale, des Bat d’Af, il finit à la légion étrangère, déserteur pendant la guerre 14-18, il fut affecté au bataillon disciplinaire puis revint aux îles. Mais, il savait tout faire, boucher, boulanger, coiffeur, son titre de gloire étant de raser le patient en ayant les yeux bandés. Il avait une petite retraite ce qui lui conférait une notoriété et une supériorité sur les autres. 

                   Si ces hommes étaient des rustres, ils avaient appris à être roublards, tel ce Paul Vian ( le garçon de cochons) qui réclamait un verre de vin par douzaine d’œufs qu’il ramassait, mais les reprenait sitôt que le patron avait le dos tourné afin de faire croire à une 2ème récolte. Le Boulanger exigeait un verre pour faire la pâte et un litre par fournée pour que le pain soit cuit à l’heure. 

                   La femme de Monsieur Simier après 2 essais infructueux ayant renoncé à vivre sur cette île, c’est avec l’aide d’une bonne qu’il dut loger, nourrir et faire travailler cette troupe hétéroclite, il fallait être aussi Docteur, Vétérinaire…et, assurer le ravitaillement. 

                   S’il ne fut jamais attaqué par ses domestiques, il fut parfois obligé de les ‘corriger ‘, ce qui n’était pas tout avantage pour lui, car l’incident terminé, il fallait boire le verre de réconciliation (à sa charge évidemment) le règlement l’exigeait. Car il y avait un règlement sur ces îles, qui variait, peu d’une île à l’autre, d’où venait-il ? Il n’y avait aucun écrit mais il se transmettait de bouche à oreille et le fermier avait tout intérêt à le respecter (surtout pour tout ce qui avait trait au vin).

Il y a quelques temps, l’île appartenait au conseil supérieur de la chasse qui en a confié la garde à la société des chasseurs du Finistère et sert de réserve de lapins pour le repeuplement. Car, à une certaine époque on craignit que cette espèce ne disparaisse. En effet, la myxomatose avait été introduite en France en 1952 par le Professeur Armand Delille, afin de détruire les lapins de la propriété de Monsieur MAILLEBOIS EN Eure et Loire, cette maladie se répandit dans toute  la France. Or, on avait constaté qu’en un seul endroit les animaux étaient indemnes, à Béniguet, d’où l’idée de faire une réserve en ce lieu. Mais en 1975, cette population animale fut atteinte à son tour et l’île fut décimée par quelque temps. Depuis ce temps, la maladie n'est jamais réapparue, alors qu'elle reste endémique une fois installée.


En ce lieu du plateau Molènais le travail était intense surtout l’été, 3 activités y régnaient : 

-         L’agriculture, culture du seigle, colza, élevage de vaches, porcs, volailles, lapins, car il faut nourrir tous ces domestiques ; il faut rappeler qu’il y eut à une certaine époque 20 chevaux et vaches dans chaque ferme.

-         Le ramassage des galets, surtout pendant la guerre ; utilisés par les allemands pour la construction de leurs blockhaus. 

-         Le fauchage du goémon et les brûleries (d’avril à octobre) travail commun à tout l’archipel.

Commentaires: Vital Rougerie  

 

 

 

 

 

 

 

 

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