Station de sauvetage de Molène    

         

Les faits marquants dans l'histoire de la station

L'accident du Jean Charcot I - le 04 Septembre 1956

Le matin du 4 septembre 1956, par basse mer de grande marée, le « Charcot » a été lancé pour porter secours au yacht « Mathan »  échoué dans les parages de l’île de Béniguet.
L’équipage de volontaires était composé comme suit :

Patron: Charles Augustin Masson, mécanicien: Louis Cariou, canotiers: Maxime Le Bousse, Prosper, Louis et Olivier Masson.

A mi-course du lancement, le patron s’est rendu compte qu’il n’y avait pas assez d’eau, que les hélices du canot risquaient de heurter les galets et que le canot risquait de s'échouer. Par gestes, il a ordonné au treuilliste resté dans la maison abri, d’arrêter la manœuvre du lancement. Le chariot s’est bloqué sur les rails et le canot par inertie s‘est détaché du chariot, a glissé sur la cale et a fini sa course dans la grève après une chute d’environ deux mètres cinquante. Maxime Le Bousse, Prosper et Louis Masson devaient s’en sortir avec quelques contusions. Louis Cariou était dans la chambre du moteur pour exécuter à la main les réglages, il a réussi à se dégager mais a eu de multiples contusions et une indisponibilité de deux mois. Charles Masson et Olivier Masson sont restés coincés sous le canot .Charles Masson ne pouvait bouger ayant une vertèbre fêlée. Pour Olivier Masson les conséquences ont été les plus dramatiques : une de ses  jambes a été écrasée par le canot et il a fallu l’amputer...
Cet événement  de 1956 mérite d’être rappelé  pour que ne soit pas oublié  le sacrifice de cet homme dont la retraite a été gâchée par cet  accident et les jours écourtés. Il est bon aussi de se souvenir que le bénévolat  des canotiers n’est pas sans risque et ce qui était vrai  hier  l’est encore aujourd’hui.
Le lancement par chariot a toujours été difficile, les rails devant être parfaitement parallèles. A de nombreuses reprises des travaux de réparation ont été effectués et le chariot lui même a fait l’objet d’interventions fréquentes. Les conditions particulières, un faible niveau des eaux à basse mer de grande marée, et la présence d'un fort courant de traverse, imposaient le lancement par l’arrière du canot de la station  Molènaise. Contrairement à la pratique habituelle de lancement par l’avant dans les autres stations, cette technique permettait au canot de Molène d'être immédiatement manoeuvrable dés le contact avec l'eau. On évitait ainsi qu'il ne se mette en travers sous la poussée du courant, au risque de chavirer, ou de rester accroché au berceau du chariot, par les hélices, la quille ou le gouvernail. Chaque lancement était à risque, la masse en mouvement et  la vitesse d’accélération rendant impossible tout contrôle du lancement. Aujourd’hui ce système est abandonné au profit d’une station sur corps mort toujours à flot, ce que permet la coque en plastique alors que les coques en bois exigeaient la protection d’un abri au sec.
Jean MAOUT

(Photos : Michel TUAL - Instituteur de l'île à l'époque des faits)
Merci à MC pour avoir complété ces photos...

   
   
La gabarre "Yvette" de Jean Monot l' a remorqué dans le port pour essayer de le redresser ,sans succès...

L'émotion dans l'île a été très vive...

 

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